II. 44 L’étude de soi mène à la réalisation de Dieu ou à la communication avec la divinité souhaitée.
Le quatrième nyama est svadhyaya, l’étude de soi, l’observation de soi. B.K.S. Iyengar nous dit que « sva signifie soi et adhyaya signifie étude et éducation. Éduquer c’est tirer d’une personne le meilleur d’elle-même. Svadhyaya est donc l’éducation du soi ».
Selon Jean Bouchart D’Orval dans La maturité de la joie, « La racine dhya signifie méditer. La suggestion de Patanjali est de littéralement méditer sur notre propre Soi . La tradition comprend aussi svadhyayad comme l’étude de soi-même, l’observation de soi-même. L’observation suggérée ici veut dire toute réflexion menée en vue de nous améliorer, c’est-à-dire de corriger nos tendances à l’errance. Cela comprend aussi la lecture des Écritures, qui n’a pas donc pour seul but de satisfaire la curiosité intellectuelle mais aussi et surtout de permettre la réflexion menant à l’action juste. C’est ainsi que nous nous rapprochons de plus en plus du divin ».
Svadhyaya demande une attitude d’éveil, le désir profond de se comprendre soi-même et d’apprendre de tout ce que l’on rencontre. Cette observation de soi n’est pas toujours confortable et nous n’aimons pas toujours ce que nous découvrons.
Mon professeur, Faeq Biria, utilise cette image : vous êtes dans un grenier, dans le noir. Quelqu’un arrive et allume. Vous vous rendez alors compte que ce grenier est en désordre, la poussière s’est accumulée, il y a des fils d’araignées partout et vous voyez même une souris. Pouvez-vous éteindre et faire comme si vous n’aviez rien vu? Une fois qu’on a vu, peut-on retourner dans l’obscurité ? L’étude de soi signifie dévoiler ses points aveugles, son ignorance, ses dépendances et ses aversions. Si nous n’aimons pas ce que nous découvrons, nous sommes en toute honnêteté, obligés de faire quelque chose pour le modifier.
Svadhyaya est comme un miroir dans lequel on apprend à se voir vraiment. Cela se produit quand on accepte de lever le voile de l’image de soi que l’on aime projeter pour voir plutôt la nature profonde de notre être. Cette étude doit être faite sans complaisance mais avec compassion.
Lire un texte inspirant peut aussi servir de boussole ou de miroir. La façon dont les autres réagissent à nous est aussi un miroir. Il y a donc de multiples miroirs à regarder pour apprendre à se connaître.
Svadhyaya c’est la lumière de la connaissance. Cette lumière pénètre peu à peu en nous, éclairant chaque couche de notre être. Tous les yama et nyama nous aident sur le chemin de la connaissance de soi
La pratique du yoga est un outil sans pareil pour l’étude de soi parce qu’elle est un miroir nous présentant une image sans complaisance de nous et qu’elle nous fournit aussi les moyens de changer.
.
Svadhyaya :
« La personne qui pratique svadhyaya lit le livre de sa propre vie en même temps qu’elle l’écrit et le corrige ». B.K.S. Iyengar
Il faut observer ses pensées, paroles et actions, s’observer dans ses relations interpersonnelles.
Ou suis-je maintenant, ou vais-je? Quelle est ma direction, quelles sont mes aspirations, mes priorités?
Quelles sont mes responsabilités? Quel est mon dharma? Quel est mon rôle dans l’univers?
Quelle distance y a-t-il entre ce que je sais et ce que je fais?
« En réalité, svadhyaya, que ce soit par l’étude ou l’analyse de soi, est un chemin implacable et rocailleux vers la connaissance et vers la mise à nu du soi faux ou prétentieux avec tous ses défauts et ses simulacres de vertus. Sa récompense est le chemin de la sagesse ».B.K.S. Iyengar