« L’asana est la parfaite stabilité du corps et de l’intelligence, ainsi que la bienveillance du mental ».

Après avoir parlé des yama et niyama, Patanjali aborde la posture. Ce sutra ne contient que 3 mots mais il nous révèle pourtant l’essence des postures de yoga.

Asanam est généralement traduit par: postures, positions. Il signifie littéralement « fait de s’assoir ou d’être assis ». Être assis veut dire: être affermi, assuré, ferme, stable. Le mot assise signifie aussi base, fondation. Tout proche, en français, on trouve le mot assiette : position stable d’un corps. On peut penser à l’expression « être bien dans son assiette », c’est-à-dire se sentir bien physiquement et moralement.
Le premier mot, sthira signifie : ferme, stable, solide, fort, fixe, résolu, durable, permanent, établi, certain.
La posture faite avec sthira implique un effort, une volonté, une concentration et une présence constante. C’est une recherche consciente et constante de justesse. Cette vigilance s’appliquera dans la prise de la posture, dans son exécution et dans le retour. Sthira n’a rien à voir avec l’agitation. Le corps est stable et engagé dans la posture, le mental est stable et fixé sur la posture.
Sukha signifie: joie, bonheur, plaisir, aisance, qui rend heureux. C’est l’opposé de la souffrance, de la douleur. L’aisance s’applique au corps et au mental et la respiration aidera à pacifier le corps et le mental.
La combinaison de sthira et sukha dans la posture produit un équilibre sattvique qui est loin de l’agitation ou de l’inertie. Chaque pratiquant doit être vigilant face à sa tendance particulière qu’elle soit de s’agiter, d’être agressif ou de laisser aller et de faire moins. On veut dans le calme et l’égalité d’âme, atteindre son plus haut degré de développement.
Il faut accueillir la posture, ne pas lui résister. D’abord, la posture façonne le corps, ensuite, avec la pratique, la posture s’exprime de l’intérieur. Elle nous conduit, comme le disait Gérard Blitz, à « être fermement établi dans un espace heureux ».
« Quel que soit l’asana pratiqué, dit B.K.S. Iyengar, il devrait l’être avec une sensation de fermeté, de stabilité et d’endurance dans le corps ; de bonne volonté dans l’intelligence de la tête, et de conscience et de joie dans l’intelligence du coeur. C’est ainsi que chaque asana devrait être compris, pratiqué et ressenti. Faire un asana devrait être une expérience qui nous nourrit et nous illumine ».

La première étape, la plus importante, reste la même, dérouler le tapis et commencer la pratique avec courage et détermination sachant qu’elle est le chemin vers la joie et la plénitude.